保卫“祥林娘”,保卫公民自救权利Il faut défendre la mère de Xianglin

Publié le par Peiyun XIONG

 

熊培云 

鲁迅先生在他的小说《祝福》里描写了一位在封建礼教压迫下死去的妇女——祥林嫂。祥林嫂是个唠唠叨叨几近疯癫的女人,因为她的孩子被狼给叼走了。祥林嫂觉得自己很不幸,但是那时媒体并不发达,所以有苦也只能找邻里街坊说。“我真傻,真的,”祥林嫂自责道,“我单知道雪天是野兽在深山里没有食吃,会到村里来;我不知道春天也会有。”

显然,鲁迅文学世界里的祥林嫂只是诉苦者,而不是上访者。理由可以粗列如下:一、孩子是被狼叼走了,而不是被人叼走了;二、在狼群中不存在庞大的权力体系,因此她无法通过狼的上级主管部门严惩叨走孩子的责任狼;三、从其日常唠叨中可以看出她只有自责而非责他,换言之只有寻求简单的自我消解而没有要求获得正义的诉求,比如打狼;四、从生物学来说,狼吃人符合自然法则,就像人吃水果一样具有某种合法性,祥林嫂因此只好安于现状、逆来顺受。

春天来了,狼来了,或者,狼还没有走。本文要谈的“祥林娘”是奔走在新中国的另一位母亲、一位孩子被“政府”叼走后的受难者,一个装满隐喻的新词。它总结于近日来国内的若干新闻。据《中国青年报》报道,11年前被丈夫佘祥林“杀害”的湖北省京山县雁门口镇居民张在玉3月底突然归来,终于揭出惊天冤案。湖北省高院因此认定已经服刑11年有余的佘祥林没有杀人,是一起错案的受害者。令笔者深感震惊的是,近十年来,佘家人为了洗清此不白之冤付出了极为惨痛的代价:“祥林娘”,也就是杨五香女士,因四处张贴寻人启事和上访(她不相信孩子是被野生动物狼叼走的),19955月份被抓,在京山县公安局看守所被关了9个半月,出来时耳聋眼瞎,不能行走,三个月后去世,时年仅54岁。与祥林嫂不同的是,“祥林娘”的悲剧不是在文学世界里,而是在我们有血有肉的现实生活中,在这个高楼林立的大时代里。她所做的一切不过是积极地作为寻找自己失踪的儿媳妇,给蒙冤的儿子增加一切可能解救的机会。

汪中求先生在他的管理学著作中谈到“细节决定成败”,可谓一语道破中国政经治理上的粗枝大叶。细节决定成败,在一定条件下,我们同样可以理解为“细节成就罪恶”。本案中,先入为主、重口供轻证据即为一例。与此同时,笔者以为,在各路媒体对中国刑事诉讼程序中仍然广泛存在的“有罪推定”诸种实践进行笔伐之时,本案所涉“祥林娘”之死更应引起人们广泛的关注,更应追究相关肇事者与渎职者的责任,因为他们的所作所为同样是促成佘祥林蒙冤11载的关键。

显然,如果没有“祥林娘”等人的跋山涉水,佘祥林早已成枪下冤魂,“祥林娘”之死与政法部门是否坚持“有罪推定”亦无干系。然而,为什么没有任何犯罪嫌疑身份的申冤者会频频遭遇围追堵截?在该案中,佘祥林的母亲被关九个月,佘祥林的哥哥被关押41天。此外,因为出具了一份证明,几位远村的农民及其亲属同样厄运连连,纷纷被“请”进派出所或逃亡在外。我们不禁要问,是谁动用国家机器拘禁了为儿申冤的善良母亲?是什么力量与怎样的借口要斩断草根阶层的救人与自救?当“祥林娘”以耳聋眼瞎的代价从拘留所走出来时,为什么她没有得到任何国家赔偿,反被要求向“政府”支付3000元赎金?

在佘祥林的冤案昭雪之际,我们的社会更应将支援的目光投向那些无依无靠的上访者。如果说我们相信祥林嫂之死是旧中国的不幸与历史的耻辱,那么在这个即将改天换地的新时代,或者说正在走向“新新中国”的伟大征程中,让全社会一起关心“祥林娘”的命运,帮助她们维护并申说自己或家人的权益是我们这代人的互济互救,因为在强大的社会与强大的体制面前,我们每个人都是弱者。

如福柯所说,权力是压迫的象征,当危机来临,社会必须得到保卫。我们因此有理由正大光明地说,当政府失灵时,公民自救之路必须得到保卫。保卫“祥林娘”, 就是保卫每位公民自救的权利,就是保卫社会,就是保卫我们自己。

《南方都市报》评论专栏

 

L'affaire She Xianglin remue la justice chinoise
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Par Pierre Haski/Libération.fr
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mercredi 13 avril 2005 (Liberation.fr - 12:36)
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she Xianglin est Chinois et il a 39 ans. Il a fait onze ans de prison pour le meurtre de sa femme. Mais sa femme n'est pas morte: elle vivait avec un autre homme dans une lointaine province. Comme elle est réapparue, She Xianglin a été relâché. Mercredi, un tribunal de préfecture de Jingzhou, dans la province d'Hubei, au centre du pays, l'a rejugé: innocent. She Xianglin a eu de la chance. Quand son épouse a disparu, en 1994, et que la police a découvert un corps de femme décomposée dans un réservoir près de chez lui, son compte était bon. Les limiers sont en effet persuadés que le jeune garde de sécurité a assassiné sa légitime. Ils ne s'embarrassent pas de tests ADN et passent aux interrogatoires. Obtiennent des aveux. Et une condamnation à mort avec exécution immédiate par deux tribunaux populaires. «Heureusement», raconte le Quotidien du peuple dans un article récent (à lire en français, le Tribunal Populaire Suprême du Hubei, décelant des «points troublants» dans l'affaire, transforme la sentence en une peine de prison de 15 ans.»

La presse officielle chinoise n'a pas manqué de dénoncer le scandale de l'enquête judiciaire bâclée et l'emploi de la torture. «Et ce cas est loin d'être isolé», écrit le Quotidien du peuple. «Bien qu'illégale, la pratique des aveux forcés est largement employée par la police pressée par la hiérarchie de résoudre les affaires criminelles» continue le journal du Parti communiste chinois. L'Association des avocats de Chine s'en est pris aux «lacunes du système judiciaire local tout entier», mettant dans le même panier d'opprobre policiers, procureurs et juges. Un de ses responsables a opportunément fait remarquer que «Si She avait bénéficié des services d'un avocat commis d'office, les choses se seraient passées différemment». Comme le prévoit la loi, She Xianglin va demander une compensation auprès des autorités judiciaires. 

Publié dans Chroniques 专栏

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