l'homme est un virus pour l'homme(extrait 1)人对人是病毒(节选一)

Publié le par Peiyun Xiong

 

L’art de réplication

 

 

 par Xiong Peiyun/熊培云

1.      Deux réplications

Tous les êtres vivants ont l’impulsion de réplication qui est instinctive. C’est elle qui change le monde. Pas de vie, sans cette impulsion de réplication. Par exemple, la réplication est la période de la vie la plus importante pour les êtres vivants. Du petit au grand, de l’enfance à la formation. Ce passage est certes nécessaire.

Il est important de comprendre que la réplication de la cellule n'implique pas celle de virus. Au niveau moléculaire et génétique, tout est reproduit dans la mesure où le gène a pour raison d'être de se préserver. Mais lorsque les cellules en viennent à constituer un organisme complet, le comportement de cet organisme pourra être stable. La reproduction virale vise avant tout à protéger l’existence du virus lui-même. Ce faisant, elle exploite et détruit sans vergogne l’hôte. Au niveau de la cellule, en tous cas, cette réplication reste raisonnable et limitée, en revanche, pour le virus, la réplication ne s’arrêtera jamais sauf lorsque l’environnement aura disparu.

Deux directions de réplications :

L’une est la réplication de verticalité, l’autre est celle d’horizontalité.

La première, qui est la civilisation, l’histoire, la tradition, « Hiérarchie des ordres »[1], la mémoire, le gène, la vie, la langue, la coutume, les fêtes, dans la dimension du temps, pour l’avenir.

La seconde, qui est l’imbroglio, la conquête, le phagocyte, le conflit dans tous les domaines et qui est dans la dimension d’espace. En quelque manière, l’espace est pour gagner le temps, Plus vaste d’espace (augmentation de quantité), plus longue de la vie. Tous les conflits de diverses espèces, de diverses civilisations, essentiellement, sont avant tout dans l’intention de lutter pour la vie. Avec le temps, le puisant l’emporte sur le faible, en faisant la pluie et le beau temps.

Sans doute, dans l’empire du virus, qui est surdéveloppement, dont la réplication est irrationnelle, et d’augmente sans limite, sans cesse, rapidement. La réplication est un grand tout, à la fois un grand rien. Pour lui, Malthus et Ricardo ne seront jamais présents. La politique virale est absolument l’autoritaire et l’impérialisme. De même, la main invisible ne lui ferait aucune peur. Le virus ne craint jamais la mort, dit-on, comment la mort du monde lui ferait-elle peur ?

 

2.      Deux sociétés: de la cellule au virus

Essentiellement, la différence entre toutes les sociétés est le niveau et l’attitude au regard d’égalité, dont le contenu est la réplication. En analysant l’égalité, Lucien Sfez l’a souligné, « c’est à l’égalité qu’échoit le rôle de mouvoir le changement, c’est en son nom que se fait l’arrachement, et que se monte le nouvel univers.», « L’égalité est toujours la clef de voûte du système », et en Grec ancien, « cercle concentrique, et égalité ». Bravo, le cercle concentrique en égalité chez Sfez.

Suivons-le. Nous y trouverons deux sortes de systèmes sociaux.

L’une est ceux qui constituent à la façon de concentrique avec de maintes circonférences autour du centre du cercle(le pouvoir), dont la démocratie en Grec, le despotisme, l’autoritarisme, le nazisme, le communisme avec la lutte de classe, tous en lui obéissant absolument. Dans ce cas, chacun dans la même circonférence est égal. Cependant, au regard des autres, il est soit supérieur, soit inférieur, le rayon expliquera tout. Du centre aux circonférences, toutes les reproductions sont possibles et rapides, au contraire, celles des circonférences sont interdites ou limites. Les points homogènes(dans la même circonférence) ne peuvent que faire copier lui-même à la mesure de ses statuts sociaux. Dans ce cas, le rayon c’est la main invisible.

L’autre est ceux qui bien forgent le cercle unique, sur lequel tous les points sont théoriquement égaux au niveau du centre du cercle. Il est démocratie en vertu de la valeur de l’égalité de tous les points quelque soit leur position dans la circonférence.

Le macabre cercle concentrique, qui avait manipulé nos sociétés et nos histoires. Nous vous l’expliquerons avec les schémas suivants.

  

Réplication dans le Despotisme      Réplication dans la Révolution  

 

          

 

  Schéma 1                               Schéma 2     

 

Schéma 1 il est la société concentrique, le despotisme, l’autoritarisme absolu.

A est le centre du pouvoir, le Souverain, qui est tout-puissant de reproduire sa volonté au moyen de police, armée, propagande, parole du pouvoir, enseignement, endoctrinement, bon exemple, idolâtrie, symbolisme, sacralisation, presse,  musique, décret-loi, statue, détention arbitraire,  arrestation, persécution, lavage de cerveau intensif, etc. En limitant la réplication de la vie, la réplication du virus prévaut. Le cercle le plus grand, c’est le peuple d’en bas qui fait reproduction en marge de la société, tout en gagnant leur vie. C’est la réplication de la cellule, En face de la réplication du centre du pouvoir, ils sont les récepteurs dans la communication. Malheureusement, comme le dit Lucien Sfez, le récepteur est passif, en état hypnotique, largement influencé par la propagande[2]. La masse est molle, malléable, fondamentalement. Avec le temps, on va connaître le pire cauchemar, c’est le Schéma 3, toute la société s’imbibe de la terreur blanche(de haut en bas). La réplication de cellule est limitée absolument voire même supprimée. C’est dans ce contexte que la révolution arrive. En d’autres termes, la cellule lève l’étendard de la révolte contre le virus. C’est le Schéma 2.

Au nom de la vie, on se révolte, sans gêne, de la campagne à la ville, de la ruelle au palais, de bas en haut, tous les rayons sont brisés, toutes les réplications du centre sont refusées. « Il n’y a pas de communication s’il n’y a pas activité du récepteur, laquelle semble pouvoir se suffire à lui-même, dans la mesure de son apport à une situation. [3]» La parole du pouvoir disparaît. Les moyens de réplication d’ici: affiche, brûlot, proclamation, placard, chant folklorique, tract secret, pamphlet, terrorisme, populisme, anarchisme, attentat, fondation du parti et faction, lutte de classe, révolte, révolution, guerre civile, purge,  etc. Graduellement, la volonté de la réplication de cellule fait place au sacrifice. Au cours de la sacralisation de la révolution, la terreur est en vogue, au nom de la révolution et du bonheur de l’avenir. Ce qui est tragédie, c’est que désormais certaines cellules deviennent en virus. Voilà le Schéma 4, la terreur rouge.

Comme le décrit Anatole France, cette époque là, « les dieux ont soif (du sang)», « les responsables de la Terreur, menant le pays par des idées abstraites, sont décidés à faire le bonheur des hommes malgré les hommes ».

 

La terreur blanche                       La terreur rouge

 

 Schéma 3                             Schéma 4

 

Légende-------------------------------------------------------

Le Schéma 3: la terreur blanche. la réplication est en provenance du point a, ver le point b, le décalage entre le début et la fin est le demi-diamètre du cercle.

Le Schéma 4: la terreur rouge. la réplication est en provenance du point c, passe par le point a(s’empare le pouvoir), vers le point b(réalise le règne extrême), le décalage entre le début et la fin est le diamètre du cercle.

A travers ces deux schémas, on pourrait bien comprendre pourquoi la situation du peuple sous la révolution extrême est plus grave que celle sous le despotisme.

Par exemple, la Terreur Jacobine, le règne de Staline en Russie, le massacre par Pol Pot, l'avènement du «Royaume céleste de la Grande Paix» (Taiping Tianguo, 1851—1864). Ce dernier fut en réalité un massacre sans précédant du sud au nord en Chine, des documents historiques ont constaté que la population de la Chine passa de quatre cent millions d’habitants à trois cent millions, soit cent millions perdus durant seulement ces treize années.
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Dès que la révolution réussie, on renouvelle tous les ordres, les nouveaux cercles concentriques se font. L’égalité animale, à savoir que « Tous les animaux sont égaux, mais il y en a qui le sont plus que d’autres.»[4] Un avortement de l’égalité.

Le changement de cellule en virus, c’est la dégénérescence de la révolution, le fabuleux déclin de l’histoire, tout en tombant dans le cycle vicieux.

Alors, on peut bien expliquer pourquoi il reste des systèmes différents de gouvernement aujourd’hui qui fonctionnent normalement et qui sont symbiotiques, à savoir les modèles de l’Angleterre, de la France, des États-Unis, dont les réplications du pouvoir sont balancées.

Après avoir analysé la faute de l’élitisme et du populisme, Jacques Julliard nous pose la question intéressante, « nous sommes bien en train de faire l’Europe sans le secours de la guerre. Pour quoi ne repensions-nous pas la France sans celui de la révolution? ».[5] Avançons-nous la question:

Pourquoi ne repensions-nous pas les États-Unis sans le recours de la « révolution » (révolte) dans le monde?

Pourquoi ne repensions-nous pas la Chine sans celui de la révolution  à l’intérieur?

En d’autres termes, si on a peur de l’effondrement de la Chine, bien qu’elle soit très vivant dans le domaine économique du monde, c’est qu’il n’y a pas de contrepoids du pouvoir du communisme à l’intérieur de la Chine. Pour la même raison, on a peur des Etats-Unis dont le contrepoids international n’existe plus. Dans certains conditions, pour dominer la situation, la politique de la vie des Etats-Unis dégénérait en celle du virus. 

  

3.      La réplication à travers la parole

En dors de la pensé et l’enfance, on ne peut rien laisser sur le monde. Par rapport à l’animal, l’homme se différencie en reproduisant la pensée, de l’un à l’autre, d’âge en âge. Mais pour le dominateur, il fait plus grand cas du contrôle de la reproduction de la pensée que celui de la reproduction du corps. C’est la raison pour laquelle tous les rois dans nos histoires tinrent excessivement compte de la reproduction et de la diffusion de la pensée. C’est aussi la raison pour laquelle depuis 20 ans les autorités chinoises pratiquent fermement de plus en plus la politique du libéralisme dans le domaine économique, mais la liberté de presse, la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de publication n’existent jamais. « La démocratie grecque peut donc supporter toutes les inégalités, sauf une: l’inégalité devant la parole, puisque celle-ci est au centre.»[6] Dans ce sens, les Chinois d’aujourd’hui vivent encore en marge de la liberté, bien que certains d’entre eux soient riches. « Parlez, mais taisez-vous »[7]. La liberté de reproduction de la pensée est interdite. La confrontation choc entre la cellule et le virus.

Parole, un art de persuasion, à travers laquelle on change le point de vue, reproduire sa pensée avec le « vous-êtes-d’accord ?» La société évolue naturellement.

Si nous sommes pour la liberté de presse et celle de parole, c’est qu’elle fonctionne à la manière de réplication de cellule, son but est la vie. Si nous sommes contre l’impérialisme et l’autoritarisme, c’est qu’elles fonctionnent à la manière de la réplication de virus, qui est le sujet de la réplication et en même temps l’esclave d’impulsion de la réplication. C’est que le fond de la communication, c’est la réplication.

«Je suis contre vos idées, mais je me battrai à mort pour que vous puissiez les exprimer », écrivait Voltaire à Rousseau. C’est à dire, je serai prêt à mourir pour ne pas être obligé d’être d’accord avec vous, mais aussi pour que vous puissiez conserver le droit de ne pas l’être avec moi. Cette sentence célèbre résume plus que jamais l’esprit des relations entre la communication et le pouvoir, entre la puissance et le faible. Le «je me battrai à mort» d’ici, c’est le principe de Voltaire, et la quintessence de sa pensée, qui est de protéger la réplication de cellule contre la réplication virale. Ce qui constitue l’éloge de la cellule, c’est la protestation contre la monocratie du virus.


[1] « Hiérarchie des ordres: le moral(la nature) avant le politique, le politique avant les intérêts, c'est-à-dire avant l’économie »  La politique symbolique  Lucien Sfez

[2] Critique de la communication  Lucien Sfez

[3] ibid.

[4]  La ferme des animaux  George Orwell

[5]  La faute aux élites   Jacques Julliard

[6]  Eloge de la parole  Philippe Breton

[7] Ibid.


Publié dans La Com 思想国传播

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ben 14/02/2005 19:10

formitable!!!